Connectez-vous

Nouveau numéro

DETECTION PASSION N° 131 Juillet/Août 2017
Couverture
Voir le sommaireAjouter à votre panierVoir toute la collectionAbonnement au magasine

Rechercher sur le site

Alain Cloarec profession chasseur de trésors

Alain Cloarec, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est l’homme qui a initié en France une activité peu commune : la chasse aux trésors de famille. Alain Cloarec a la passion du trésor, une âme d’aventurier plus que de bureaucrate. Son parcours atypique nous a donné envie de le rencontrer, d’en savoir un peu plus sur cette profession peu ordinaire.

DP: Alain Cloarec, pouvez-vous nous dire comment vous est venu le goût de ce que l’on appelle "la chasse au trésor"? Quel âge aviez-vous?

J’ai toujours aimé "fouiner", dès mon plus jeune âge. Mon souvenir le plus lointain remonte à 1967 à Cherbourg, j’avais donc 7 ans. A cette époque, j’aimais me rendre dans un hangar aménagé en salle de sport juste derrière la maison qui avait été occupé par les allemands. Il y avait des anneaux et des trapèzes suspendus au plafond et j’avais imaginé que les soldats, en faisant des exercices, des pirouettes, faisaient tomber des pièces ou objets de leurs poches. En grattant le sable qui recouvrait le sol, j’ai retrouvé des centaines de pièces de monnaie, gourmettes, chaînettes. C’était vraisemblablement ma première chasse au trésor sans détecteur.

En 1968, nous avons déménagé pour habiter La Rochelle. Dans les années 70, c’est une dizaine de petits hôtels particuliers, châteaux et maisons “abandonnées” que nous visitions avec mon frère pour essayer de dénicher un trésor. [Outre le fait que cette quête d’aventure était ancrée en nous, nous nous sommes mis à rêver encore plus fort le jour où notre mère nous emmena pour la première fois au cinéma voir L’île au Trésor de Robert Louis Stevenson. Je me souviens d’un film en couleur, le premier de cette série me semble-t-il, qui datait de 1972. En fait, à chaque sortie nous vivions d’incroyables ballades, nous nous mettions à rêver de découvertes, de simples aventures que nous vivions juste à côté de chez nous. Nous n’avons jamais rien trouvé d’intéressant mais avons vécu de grands moments et de nombreuses frayeurs, rencontrant parfois les inquiétantes personnes qui s’étaient accaparées les lieux. C’était “L’Ile au Trésor” dans toute sa splendeur.] Un jour, nous avons fait la découverte d’un coffre caché dans un grenier que nous avons eu beaucoup de mal à atteindre par l’escalier vermoulu et coupé en deux qui de plus menaçait de s’écrouler. A l’intérieur, nous avons trouvé des vêtements d’une autre époque, un casque militaire, des objets, des effets personnels et de vieilles photos. Descendre de ce perchoir fut encore plus compliqué que d’y monter ! Mais le fait de nous imaginer bloqués en pleine nuit avec les cris des chouettes, des chauves-souris et les craquements significatifs d’une vieille maison… nous avons fini par trouver une solution !

Après avoir passé quelques années à La Rochelle nous avons rejoint la ville du Havre pendant une année, puis nous sommes arrivés à Saumur sur les bords de Loire en 1975.  L’imposant château et la multitude de vieilles demeures ont fait ressurgir en nous la passion de la chasse aux trésors. En poussant de vieilles portes fermées depuis des dizaines d’années, on imaginait que là, sous une marche, dans le coin d’une cave, sous une dalle ou dans le fond d’un puits, il pouvait y avoir quelque chose de caché. Nous avons arpenté les bords de Loire, sommes entrés dans des caves, descendus dans des puits, dans de vieilles demeures troglodytiques et avons parcouru des dizaines de kilomètres dans les souterrains très nombreux de cette région. L’extraction de la pierre de tuf permettait de construire maisons et châteaux. Je me souviens de ces nombreux accès relativement dangereux ; il fallait parfois être inconscient pour oser y pénétrer. Un ami, dont le père exploitait ces souterrains sans fin, me raconta un jour avoir découvert dans une zone très reculée et inexplorée quelques ossements, une boîte crânienne, quelques lambeaux de tissu, une croix en argent et une bourse remplie de pièces en or de Louis XVI. La déduction la plus probable qui pouvait être faite à partir de cette découverte macabre était qu’un moine, pourchassé par des bandits pendant la révolution et sans doute blessé, avait dû s’engouffrer dans ce labyrinthe et n’avait jamais pu retrouver la sortie. Si vous n’êtes pas équipé d’un éclairage, le noir total vous empêche d’avoir des repères et à chaque pas que vous faites pour vous rapprocher de la sortie, vous ne faites que vous éloigner. Passé cinquante mètres, vous avez beau crier personne ne vous entend. Nous avons toujours pris l’habitude d’informer nos parents et nos amis des endroits où nous étions pour être sûrs qu’en cas de pépin, quelqu’un puisse nous retrouver.

Sans détecteur, ces prospections étaient uniquement visuelles et fastidieuses puisque nous creusions à l’instinct. Un jour, en déblayant la partie d’une cave d’une des plus anciennes bâtisses de Saumur située sur l’Ile d’Offard, face au château, nous avons retrouvé de très vieilles bouteilles de vin intactes. Cette maison avait des caves sur trois niveaux qui s’entrecroisaient comme de véritables labyrinthes. La plus profonde des trois devait se situer à environ 12 mètres sous la surface du sol, soit bien en dessous du niveau de la Loire. Cette maison, bien qu’autrefois superbe, n’offrait rien de rassurant. Tandis que nous commencions à remonter quelques bouteilles à la surface, des bruits, des pas et des voix nous ont fait déguerpir à toute vitesse laissant derrière nous ces bouteilles d’une autre époque.  Pas rassurés, nous n’y sommes plus jamais retournés. Aujourd’hui, un hôtel se trouve à sa place et à chaque fois que je passe devant je ne peux pas m’empêcher de repenser à cette fameuse journée.

Un jour, nous avons pris la décision d’investir l’argent de nos pêches (vifs que nous vendions aux magasins de pêche) dans un détecteur. Nous avons donc économisé pendant des mois pour acheter notre premier détecteur de métaux : un AF101 de White’s, un détecteur sans discriminateur avec lequel nous avons effectué de nombreux trous pour trouver de nombreux clous et beaucoup moins de monnaies. Nous ne nous sommes jamais découragés, bien au contraire. Nous avons investi dans un nouveau détecteur quelques mois plus tard, un BC60 de la même marque et de la même génération mais qui disposait d’un véritable discriminateur. Nos premières belles découvertes réalisées, nous avons pu monter en gamme en achetant un White’s 6000. C’est à partir de ce moment-là que les découvertes se sont succédé, monnaies mais aussi quelques petits trésors qui nous ont permis de continuer à investir dans du nouveau matériel. 

DP: Comment cette activité devient-elle pour vous une activité professionnelle lucrative?

Juste une petite mise au point… La vente de détecteurs de métaux est mon métier depuis de nombreuses années et c’est bien de cette activité professionnelle que je vis. La recherche de trésors n’est pas mon métier même si j’en ai trouvé de très nombreux. Je ne suis pas un professionnel de la chasse au trésor puisque je ne vis pas de cela. Pour des raisons que je ne peux pas expliquer ici, je défie quiconque d’avoir le statut de chercheur de trésors en France. Pour faire court, je me contente d’exercer une activité de loisirs et je mets mon expérience à la disposition des personnes qui souhaitent retrouver un bien caché, perdu. J’établis à chaque sortie un protocole d’accord avec l’aide de Maître Antoine Beguin, que beaucoup de prospecteurs connaissent bien. Ce protocole est la base qui me permet de définir ma récompense en cas de découverte.

Lorsque je quitte Saumur pour aller travailler à Paris, j’emmène avec moi mon vieux White’s 6000 auquel je tiens beaucoup et qui a besoin d’une révision. Le rendez-vous est pris chez "Prospection", qui est à ce moment-là l’une des plus importantes boutiques de vente de détecteurs de métaux et qui édite la seule revue spécialisée. Lorsque je m’y rends, je suis sollicité par le responsable pour ouvrir une boutique similaire sur Verrières-le-Buisson… je suis aux anges. Je reste quelque mois sur Verrières puis je prends en main la boutique de Paris. En grand désaccord avec mon patron, je quitte cette société une année plus tard pour ouvrir ma propre enseigne "Planète Détection". A partir de ce moment-là, la plupart des importateurs de détecteurs de métaux me sollicitent pour que je les représente. Un peu plus tard, je rachète la société "International Détection Services" sur Bordeaux, qui est l’une des plus anciennes enseignes en France et qui importe la marque "Compass".

Il y a 4 marques fiables et reconnues à l’époque et les boutiques spécialisées se comptent sur les 5 doigts de la main. J’ai une démarche d’écoute et de service qui ne laisse pas indifférent. La passion et le renseignement sont toujours notre ligne de conduite chez Planète Détection.  Je peux dire que c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à pouvoir vivre de ma passion. C’est relativement difficile au début, surtout lorsque l’on passe du statut de salarié à celui de “patron”, on ne compte plus ses heures et les nombreuses remises en question. Heureusement que nous sommes dans le rêve et que  pour s’en sortir financièrement, il y a la réalité de notre loisir. Je sors beaucoup en détection pour pallier les fins de mois difficiles. Je rencontre alors beaucoup de prospecteurs chevronnés qui m’apprendront énormément.  La plupart deviendront des amis. La détection de loisir est vraiment extraordinaire lorsque l’on est bien accompagné. Dans ma lancée j’édite un magazine “Trésors & Découvertes” qui aura beaucoup de succès mais qui s’arrêtera au cinquième numéro suite à la publication d’une photo qui me coûtera mon fonds de roulement, puis, cette édition. Puis nous lancerons en 1992, avec des amis, l’Association Française des Prospecteurs qui éditera son propre magazine. Une aventure qui durera presque une vingtaine d’années. Beaucoup de travail et d’investissement personnel, mais aussi de grandes satisfactions. Puis l’éthique, qui était la nôtre et celle d’un bon nombre de prospecteurs, a changé au sein même de cette association. Lorsque vous êtes confronté à de graves problèmes, des dérapages, il faut savoir faire des choix et couper les ponts, c’est cela que nous avons fait pour nous préserver.

DP: Pouvez-vous nous dire en quoi consiste précisément le métier de chasseur de trésors? Cela commence, je suppose, par un coup de fil…

Je me souviens de ma première intervention qui me permettra de trouver aussi mon plus important trésor. Oui, les personnes qui recherchent un trésor commencent toujours par téléphoner, plus rarement par se déplacer. Il n’y a aucune confession par téléphone mais une simple prise de contact. Vous ne connaissez pas encore à ce moment-là le sens de la démarche. Lorsque le contact passe à la boutique et dit vouloir rechercher une canalisation ou une bague perdue, je lui propose le matériel adéquat. C’est-à-dire un appareil suffisamment puissant pour rechercher une bague, ou un détecteur spécifique pour la recherche de canalisation. J’explique ensuite que si c’est pour rechercher autre chose, le matériel proposé n’est pas toujours adapté. C’est à partir de ce moment-là que les langues se délient et que je finis par connaître la nature de la recherche. Je propose donc la location d’un détecteur plus spécialisé (généralement un de ceux que j’utilise) et les conseils qui vont avec. Si la recherche est infructueuse, je propose de les aider en mettant mon expérience à leur service. A chaque fois que je me suis déplacé pour chercher un "trésor", j’ai rencontré d’incroyables personnes. Quel que soit le résultat de ces recherches, nous gardons généralement un bon contact et nous promettons de nous revoir un jour.

DP: Quelle est la clientèle d’un chasseur de trésors?

Je n’ai pas de clientèle puisque ce n’est pas mon job. Généralement, les personnes qui me démarchent sont de différentes catégories sociales et c’est ce qui fait la richesse de cette activité. Elles ont visionné un jour ou l’autre l’un de mes reportages télévisés, lu la presse ou écouté les radios sur lesquelles je suis intervenu. Mon but a toujours été de promouvoir et de mieux faire connaître les prospecteurs et la détection, de donner une autre image et une autre dimension à notre loisir, chasser cette image que certains archéologues essayent de nous coller. Les médias sont généralement davantage intéressés  par la “chasse au trésor”. J’ai toujours revendiqué en tant que prospecteur qu’il y avait matière dans ce domaine à effectuer de bons reportages. Lorsque j’ai été contacté par l’équipe de Georges Pernoud de Thalassa, nous sortions de trois émissions télévisées sur la chasse aux trésors. Cette équipe a été très attentive à mes explications et j’ai pu les mettre en contact avec Daniel Hodebert et Alex, deux passionnés de la détection sur plage. Tout le monde s’accorde à dire aujourd’hui que ce reportage fut un succès… même si certaines brebis galeuses ont manifesté leur mécontentement. L’image que l’on me colle n’est pas toujours celle que je veux donner. Il y a des prospecteurs qui le comprennent et ceux qui ne l’acceptent pas. Je sais qu’il peut y avoir une forme de jalousie chez certains, mais je n’y peux rien et l’on ne peut pas plaire à tout le monde. Je n’ai pas que des amis dans la prospection mais cela tombe bien car ceux-là, ce ne sont pas mes amis !

Les personnes font appel à moi pour différentes recherches: le trésor de famille, de nouveaux propriétaires convaincus de la présence d’un hypothétique trésor, l’acquisition d’un lieu au sujet duquel certaines histoires se sont répandues […] [l’indication de la présence d’un trésor par transmission orale (souvent déformée), quelques monnaies qui apparaissent à la surface d’une taupinière (très intéressant), un trésor découvert par hasard lors de travaux et qui laisse supposer qu’il peut y en avoir un autre… Généralement, mon bureau c’est le terrain, car en dehors de la première prise de contact, cela ne sert à rien de gesticuler dans tous les sens tant que vous n’êtes pas sur les lieux. Les véritables questions se posent sur place, c’est le seul endroit qui est susceptible de vous apprendre quelque chose. Il est vrai que dans le passé, j’ai bâti de nombreuses recherches avec les premiers éléments. Sachez que les lieux ne sont jamais comme vous avez pu les imaginer, jamais comme on vous les a présentés.

Sur place, les personnes peuvent vous révéler beaucoup de choses qu’elles croient sans intérêt. C’est primordial de les écouter, de tout écouter mais aussi d’être le plus indiscret possible pour en savoir le plus possible. Ensuite, il y a l’instinct, l’expérience de la recherche et la nécessité de ne rien négliger. Il est vrai que lorsque j’ai découvert mon plus important trésor (70 kilos de pièces de 20 dollars or), je pratiquais la détection de loisir. Je me souviens que ce jour-là, je suis arrivé avec une heure de retard au rendez-vous que j’ai bien failli annuler. J’ai eu aussi de la chance, beaucoup de chance, car c’est mon instinct qui m’a permis de délaisser la cave pour me retrouver dans le jardin. Puis, de creuser sur un “signal” de rejet comme il y en a tant d’autres sur lesquels on ne creuse pas. Les pots étaient remplis de pièces en or parfaitement rangées en colimaçon. Sur chaque gros pot, une plaque de fer totalement décomposée était supposée protéger les monnaies. En fait, ces plaques ont bien failli jouer leur rôle vis-à-vis du détecteur. Même s’il n’est pas interdit de rêver, j’étais loin de penser que les trésors de plusieurs kilos de pièces d’or ou de lingots existaient vraiment, en tout cas, ce n’était pas pour moi. Finalement, c’est cette découverte qui a déclenché en moi cette véritable passion et sans doute ma spécialisation, car j’ai su ce jour-là que les trésors existaient vraiment. Par la suite, j’ai interpellé les médias que mon histoire a beaucoup intéressés, c’est en partie grâce à cette communication que j’ai été amené à effectuer d’autres recherches.

DP: Quel genre de trésors trouve-t-on?

Une petite précision. La définition du mot "trésor" est la suivante : un trésor est un bien caché, perdu, dont personne ne peut justifier la propriété et qui est découvert par le pur effet du hasard. Généralement les trésors sont découverts par des artisans, des sociétés, qui creusent une tranchée ou démolissent un mur lors de travaux. Lorsque la découverte est réalisée, le propriétaire du terrain est obligé de partager le trésor avec l’inventeur qui perçoit 50 %, c’est la loi. Je ne me suis pas renseigné sur l’issue et le partage de ce trésor de plusieurs kilos d’or découvert dans un plafond il y a moins d’une année dans la région Champagne me semble-t-il. Le propriétaire, interviewé par la presse locale, avait l’air embarrassé de partager ces sacs remplis de monnaies d’or. C’est pourtant très simple, l’inventeur, donc l’ouvrier qui a découvert d’un coup de pioche le trésor a droit à la moitié du trésor car c’est lui seul l’inventeur. Tandis que l’autre moitié va au propriétaire. Si l’inventeur a pris la décision de partager ses 50 % avec l’ensemble de ses collègues présents ce jour-là, c’est vraiment très sympathique mais cela se passe rarement comme ça. Généralement, on trouve surtout le partage équitable lorsque c’est un autre qui trouve le trésor.

Donc, lorsque je découvre des lingots, pièces ou autres biens cachés, ce ne sont pas des trésors puisque la personne qui fait appel à moi connaît la nature de ce qu’elle recherche, la découverte ne se fait pas entièrement par hasard. Je ne peux donc pas prétendre à 50 % de récompense. En revanche, sur mon protocole d’accord, il est toujours stipulé la nature du bien recherché. Si je découvre un bien d’une autre nature, (ce qui m’est arrivé plusieurs fois) je suis récompensé à 50 % puisqu’il s’agit bien à ce moment-là d’un trésor. Pour répondre à votre question, je trouve plus généralement des pièces, lingots, parfois des bijoux. Par deux fois des billets, alors que nous recherchions des lingots. Lorsqu’on me demande de chercher des bijoux de famille je me contente d’entrer dans mes frais de déplacement car je ne demande jamais rien sur les biens très personnels.

DP: On doit sûrement vous confier de curieux secrets de famille… Bien que vous soyez tenu, on l’imagine, à une certaine confidentialité, vous est-il possible de nous raconter une anecdote?

Je peux revenir sur cette histoire de billets. A l’époque, nous étions censés retrouver quelques lingots d’or. Les frères et sœurs, présents ce jour-là, imaginaient que l’un d’entre eux avait subtilisé le trésor aux autres. Après de longues heures de recherche, la tension était vraiment palpable. Lorsque nous avons découvert les trois pots remplis de billets de dollars américains, l’atmosphère s’est détendue et ils ont fini par en dire un peu plus. Ce n’étaient pas quelques lingots mais plusieurs dizaines qui avaient été cachés. Cette révélation nous a permis d’exclure définitivement la présence des lingots dans la maison (pour des raisons qu’ici je n’expliquerai pas), et nous nous sommes attaqués au pourtour et au jardin de l’habitation. Les grandes quantités de buissons, de rochers, nains de jardin, dalles armées, terrasses carrelées, grillages métalliques ont rendu la prospection difficile pour ne pas dire impossible. Le pavillon promis à la vente, nous devions faire attention à ne pas abîmer le terrain. La cote du lingot était quand même de 15.000 euros à l’époque. Peut-être qu’à 40.000 euros aujourd’hui, la démolition de la maison n’aurait pas posé de problèmes.

[Plus récemment, je me suis déplacé trois fois pour essayer de dénicher un important trésor caché dans la région de Lille. Cinq caches pour un total de 20 kilos d’or et deux caches de 25000 euros en billets. Tous les éléments étaient là pour confirmer la présence d’un trésor… Une secrétaire qui avait recueilli le témoignage de celui qui allait décéder deux jours pour tard (la seule personne de confiance en France). La sœur, vivant à l’étranger, qui s’entendait bien avec son défunt frère et me rapportait la même histoire. Deux frères, dont le premier, désigné comme très violent, avait été volontairement écarté de la recherche. Le second cherchait sans cesse à nous éloigner des endroits supposés intéressants lorsque nous intervenions. Ces personnes avaient préféré dans un premier temps acheter un détecteur de métaux pour localiser les caches sur la première indication de la secrétaire. Après y avoir passé quatre jours, c’est 25000 euros en billets qui avaient été découverts dans un mur de la cave. Je ne rentre pas dans les détails mais il n’était pas nécessaire d’utiliser un détecteur de métaux pour ces deux caches car les renseignements étaient nettement suffisants. Malgré cela, par manque d’expérience, il leur faudra plusieurs jours et le deuxième paquet de billets ne sera jamais retrouvé. Enfin, selon nos constatations, une tierce personne présente ce jour-là en aura bien profité… Puis les révélations de la secrétaire les poussèrent à chercher dans le sol ce qui était probablement dans un des nombreux murs. La mauvaise interprétation et le manque d’attention de la secrétaire ne feront qu’augmenter les zones de recherche et le temps qui y fut passé. Elle se morfondra sans cesse, me disant qu’elle n’imaginait pas un instant que son patron allait disparaître, que si elle l’avait pensé, elle aurait cherché à comprendre plus précisément en prenant des notes. C’est pour les raisons suivantes que les trésors existent : un accident qui ne permet pas de révéler l’endroit d’une cache,  ceux qui sont sur le point de partir en remettant leur histoire au lendemain, ceux qui ne pensent pas que la personne va rapidement partir et ceux qui le savent mais qui n’osent pas demander où est caché le magot par décence. On les comprend !

Lorsque que l’on pense tenir une piste, que l’on croit avoir bien compris la situation, il n’y a pas de raison de changer de position, donc, de chercher ailleurs. La cave, constituée de briques, était déjà un obstacle pour nos détecteurs mais lorsque qu’elle fait 50x8 mètres et qu’elle est jonchée sur plus d’un mètre de détritus, la difficulté ne fait qu’augmenter.

Huit mois ont passé lorsque l’on me demande d’intervenir. Nous nous déplaçons à trois avec mes deux comparses, Bruno et Christian. Après les longues explications de la secrétaire, nous pensons que la recherche sera relativement simple mais qu’il faudra se donner du temps. Dans la cave, la configuration n’est pas du tout celle que nous avions imaginée, mais nous avons tout de même notre petite idée. Nous pensons que la découverte pourra être réalisée dans les meilleurs délais, sur une ou deux journées maximum. Néanmoins, pour répondre à la directive des propriétaires, nous avons été obligés de chercher dans le sol ce qui devait vraisemblablement être ailleurs. La première règle, c’est de ne jamais s’opposer aux choix des propriétaires, surtout lors d’un premier rendez-vous. Ce sont eux qui ont les cartes en main. Tant que nous “travaillons” dans le sol, le frère est relativement paisible. Alors que les recherches restent vaines cette première journée, il prend l’initiative le lendemain de nous diriger vers l’extérieur du bâtiment, prétextant avoir vu son frère fouiner au pied d’un arbre. Il nous “lâche” aussi que c’est “peine perdue” car son frère s’est confié à lui en lui révélant qu’il n’avait plus d’or. Drôle de réaction quand on connaît l’importance de la première cache. Réfutant cette absurdité, la secrétaire me dit avoir récupéré, dans une cache et sur ordre de son patron, les certificats d’achat d’origine des lingots et des pièces en or, pour les brûler. Il lui indiqua qu’il ne voulait pas que ses frères soient informés de la présence de ces certificats, qu’ils auraient été capables de tout pour récupérer le magot qu’il destinait à sa sœur. En voulant nous éloigner sans cesse de la zone indiquée par la secrétaire, ils ont fini par confirmer nos soupçons. Les billets, trouvés dans le mur, indiquaient qu’il n’y avait aucune raison de chercher les lingots et pièces d’or ailleurs.  L’endroit était rêvé, une cave bien tranquille équipée d’une succession de portes blindées dont seul le propriétaire du trésor et la secrétaire avaient les clefs. Ce premier déplacement fut une grande déception mais nous n’avions pas dit notre dernier mot. La deuxième fois que nous sommes allés sur place, nous avons enfin pu attaquer les murs en suivant cette fois-ci notre intuition. Il n’a pas fallu longtemps pour retrouver deux caches vides, planquées derrière des étagères, que l’inventeur dans sa précipitation n’avait pas pris le soin de reboucher. Nous constatons à ce moment-là que les renseignements donnés par la secrétaire étaient exacts mais qu’ils cherchaient au mauvais endroit. Des traces de mèches de perforateur laissées dans la deuxième couche de briques étaient identiques à celles laissées dans la cache à billets. C’est à partir de ce moment que le frère a disparu prétextant ne plus croire au trésor. Nous ne l’avons plus jamais revu. Je ne rentrerai pas dans les détails pour vous renseigner sur sa faculté à se faire trouver des clefs pour se faire ouvrir les portes des caves....  A la demande de la sœur, je me suis exécuté une troisième fois pour essayer de dénicher ce trésor, en espérant qu’une cache puisse subsister, et lui montrer que je faisais tout mon possible pour que quelque chose lui revienne. J’ai discuté de longs moments avec la secrétaire qui avait les mêmes doutes que moi pour ne pas dire les mêmes certitudes. Lorsque l’on connaît l’histoire de cette famille avec l’aîné qui travaille comme un damné, économise son argent et le convertit en or, les deux autres qui profitent d’une situation, deux fainéants de première classe qui n’hésitent pas à menacer le premier depuis des années et à lui soutirer son argent.  Chose troublante, quelques semaines plus tard, j’indiquais à la sœur que son frère finirait par acquérir “anormalement” un bien immobilier ou un gros véhicule.  Elle me confia que son frère avait offert un pavillon à son fils en région parisienne alors qu’il n’en avait pas les moyens. Il aurait emprunté une grosse somme d’argent à sa banque… à 70 ans…cherchez l’erreur !

Je peux aussi vous raconter celle-ci : un jour, un septuagénaire m’achète un détecteur. Quelque mois plus tard il se confie à moi et m’indique que son frère a caché dans les années 70/80 de nombreux lingots dans la cave, qu’il a bien essayé de les retrouver avec son détecteur mais en vain. Il m’indique que personne n’est jamais entré dans cette cave depuis le décès. Rendez-vous pris, nous cherchons le trésor dans une petite cave majestueuse pendant cinq heures d’efforts sans rien trouver. Comme l’histoire me semble tout à coup un peu farfelue, je lui demande de me donner d’autres éléments. Il affirme avoir aidé son frère à emballer les lingots dans des films plastique puis les avoir protégés avec des chiffons. En fait, je me dis que les lingots sont peut-être hors de portée de nos appareils et je me décide à creuser le seul endroit susceptible de pouvoir contenir le fameux trésor. Après un quart d’heure, je retrouve dans le sol des chiffons, puis des sacs plastique vides qui, de par leur forme et le scotch encore bien visible, m’indiquent qu’ils contenaient bien des lingots. En fait, le monsieur se souviendra que dix années auparavant un plombier était passé changer la tuyauterie d’alimentation en plomb vétuste par du polyéthylène. Le frère avait caché son trésor au pied du compteur, en changeant la canalisation le plombier était tombé dessus.

DP: Comment procède le chasseur de trésors pour mettre la main sur le trésor recherché? Il possède sans doute un matériel bien particulier. Dites-nous lequel. 

Tout d’abord le conseil que je peux donner, c’est d’effectuer la recherche à deux ou trois prospecteurs d’expérience. Le but étant d’être complémentaires les uns les autres et de pouvoir aborder la recherche de différentes façons, en pensant différemment. Concernant les détecteurs, nous avons pu au fil du temps sélectionner les meilleurs appareils. Lorsque nous sommes sur le point de découvrir un trésor, nous faisons toujours un test "détecteurs". Cela peut effectivement être le trésor recherché, mais aussi une boîte en fer ou un pot métallique dont le contenu a été vidé ou bien d’autres choses. Ce test est riche d’enseignements. Parfois, certains détecteurs ignorent totalement la cible comme par exemple lors de ce déplacement en Bretagne avec Christian. Il y avait deux caches, la première devait se situer dans un poulailler de 60 mètres de long, tempéré par une énorme chaudière. Les résidus de la chaudière (mâchefer) étaient systématiquement jetés au sol pour l’assainir de la fiente de poules. Un poulailler propre mais hautement minéralisé qui renfermait un trésor caché depuis une quarantaine d’années. Nous avons passé tous les détecteurs présents sur le marché. Tesoro Redoutable, Garrett Grand Master et les têtes grande profondeur, l’induction pulsée Pulse Star, Gold Max et G.Max de XP, le Musketeer et Sovereign de Minelab. Quel que soit le mode de recherche, aucun des détecteurs n’arrivait à passer cette minéralisation excessive. Lorsque vint le tour du Sovereign, il se révéla tout aussi catastrophique que les autres en mode discrimination. Mais en mode tous métaux, c’est le seul qui se cala sur la minéralisation puis trouva sa stabilité en émettant un signal de fond audio bien caractéristique. Après deux heures de recherche, j’ai fini par localiser le trésor en demandant au propriétaire de creuser pour le sortir. Je désirais qu’il déterre lui-même le trésor de famille qu’il recherchait depuis une trentaine d’années.

Petite anecdote, lorsqu’il a effectivement découvert le pot rempli de lingots et de pièces en or, il a levé la tête vers moi en s’exclamant le plus sérieusement du monde : “Comme c’est moi qui viens de trouver le trésor, avez-vous toujours le droit à votre récompense ?” Couic ! Mais rassurez-vous cela s’est bien passé ! Comme la journée commençait à décliner nous nous sommes rendus dans un hangar destiné au stockage du matériel agricole. Il y avait peu d’indication sur l’emplacement de ce deuxième trésor mais le propriétaire avait la certitude que nous le trouverions dans une zone où son oncle avait l’habitude de traîner. Après avoir parcouru le hangar en prospectant quelques zones au détecteur, nous ne trouvons rien et promettons de revenir un autre jour. En fait, pour être précis, sachant qu’il cherchait le trésor depuis une trentaine d’années nous n’avions pas à nous précipiter. Avant de partir nous lui indiquons quand même la zone la plus propice à un enfouissement. Il nous invite à boire un verre, nous distribuons quelques monnaies aux enfants, ne me demandez pas pourquoi je ne le sais pas moi-même, puis nous partons. Il se passe deux ou trois semaines avant que je le rappelle pour prendre ce rendez-vous. C’est à ce moment-là qu’il me confie l’histoire suivante : “Le jour de votre départ de la ferme, je me suis réveillé en pleine nuit et j’ai réfléchi à vos commentaires, je n’arrivai plus à m’endormir. J’ai réveillé ma femme en lui disant “ils ont raison, le trésor est là, je vais le chercher”. Il commence par atteler l’engin agricole qui pèse plusieurs centaines de kilos à son tracteur pour le sortir de la zone. Il prend les repères que nous avions indiqués et se met à creuser sans utiliser le moindre détecteur. Sous cinquante centimètres de terre il tombe “nez à nez” avec le dessus des pots en plastique, identiques à ceux que nous avons déjà trouvés. Ils contiennent effectivement plusieurs kilos d’or. Je suis passé le revoir quelques années plus tard, il m’emmena à l’endroit même que nous avions défini comme cache en me disant d’un œil malin : “Le trésor est toujours en place, je ne savais pas où le cacher, s’il disparaît un jour, nous ne sommes que trois à savoir où il est”.

En fait, le détecteur ne fait pas tout, cela dépend de la façon de l’utiliser, de la connaissance que l’on en a et de ses possibilités. Une chose est sûre, je n’ai jamais trouvé de trésor dans des châteaux ou des demeures incroyables. J’ai remarqué que c’était toujours au contraire dans des maisons insignifiantes, et que même si les sommes sont parfois considérables, ceux qui les ont cachées vivaient simplement, vraiment très simplement.

DP: Vous arrive-t-il de devoir "mener l’enquête"? Certains trésors sont-ils très ingénieusement cachés?

Les caches sont multiples et il n’y a pas véritablement de règles. Lorsque l’on me questionne sur le sujet, on me parle souvent d’endroits qui n’ont, à mon sens, pas beaucoup d’intérêt. Dans les puits par exemple, bien que cette tradition orale existe dans de nombreuses régions, je ne suis pas le seul à penser que ces zones ont peu d’intérêt. Je n’y ai jamais rien trouvé mis à part des départs de souterrains qui ont pu servir de refuge à certaines époques. J’ai un ami puisatier en la personne de Stéphane Rousseau qui est très spécialisé dans les souterrains, la maintenance et la restauration de vieux puits. Il a écrit deux imposants volumes sur le sujet. Il en a remis en état des centaines sans jamais rien avoir trouvé dedans, si ce n’est quelques armes en très mauvais état. Pour les cheminées, il est plus probable que cela puisse exister puisqu’à ma connaissance quelques trésors ont été découverts derrière des plaques de cheminée. Pour ma part, même si ce n’est pas la cache idéale, je ne néglige pas cet endroit. Néanmoins, faites bien attention car bon nombre de propriétaires ont démoli leur bien en s’appuyant sur le fait que leur détecteur sonnait. Il peut y avoir beaucoup de fer dans une cheminée, vous pouvez aussi détecter le frigidaire qui se trouve de l’autre côté. Une drôle de blague qui est déjà arrivée à un ami. En règle générale, les caches les plus simples sont souvent les meilleures. Il faut bien évidemment se mettre à la place de celui qui cache, en essayant de trouver un endroit adapté. Il faut aussi imaginer que quelque fois la configuration du terrain ou de la maison change avec les époques, et que le maçon, qui est passé dix années auparavant, a définitivement mis hors de portée le trésor, en plaçant par exemple une chape de béton armé, un quadrillage métallique.

Les caches de trésors les plus improbables que j’ai pu découvrir sont les suivantes : des centaines de pièces en or à l’intérieur de tringles à rideaux, 8 lingots sous la niche d’un chien, des kilos de monnaies en or dans des pieux creux enterrés dans le sol, dans une ancienne canalisation en plomb, des monnaies en or dans un vide sanitaire, des centaines de billets américains dans des pots Le Parfait cachés dans des arbres, des lingots sous les tuiles d’un toit. Une cache de monnaies en or dans un appartement où le système était complexe et ingénieux. En faisant pivoter la grande glace de la salle de bain, un système de poulies permettait de faire remonter un plateau sur lequel étaient placées des pièces d’or. Les autres dépôts découverts l’ont été dans des conditions "normales"si je puis dire, caves et jardins plus généralement.

DP: Les chasseurs de trésors existent-ils à l’étranger? Si oui, sont-ils plus nombreux qu’en France?

Si vous parlez du continent américain et des chasseurs de trésors d’épaves, oui, ils sont nombreux puisqu’en France ce statut n’existe pas. Certains chercheurs français travaillent dans les archives pour des compagnies américaines. Erick Surcouf est le seul que je connaisse à avoir pu vivre de ses recherches en mer, je n’en connais pas d’autres. Pour le statut de chercheur de trésors de famille, je pense qu’ils sont comme nous, de simples prospecteurs qui ont eu un jour ou l’autre l’opportunité d’effectuer une recherche pour une famille.

DP: Votre interview, Alain Cloarec, pourrait bien susciter quelques vocations… Imaginons que l’on doive établir la "fiche métier" du chasseur de trésors. Quelles qualités faut-il posséder? Quel est le profil du bon chasseur de trésors? Celui-ci a-t-il ses "bureaux", à l’instar du détective?

Je ne veux en aucun cas me substituer à certains "chasseurs de trésors" qui ont participé à des émissions télévisées. Il y en a des bons, qui méritent le respect, ceux-là on n’en entend pas beaucoup parler, ils ont une véritable passion, c’est une vocation. Puis il y a tous les autres, ceux qui utilisent les médias pour se glorifier d’une expérience d’une vingtaine d’années qu’ils n’ont pas, qui se permettent de donner des conseils alors qu’ils sont incapables de trouver un trésor, sauf par le plus pur effet du hasard et surtout pour les besoins d’une émission télévisée. Pour eux, ce n’est pas une vocation, c’est du business (il ne faut pas avoir honte vis-à-vis des autres prospecteurs) ! Avoir de beaux bureaux, consulter les archives et les cartes, c’est honorable lorsque l’on traque un trésor « mythique », que l’on cherche une zone d’intérêt pour une sortie entre amis, comme une ancienne baignade ou un champ de foire par exemple. C’est totalement inutile lorsque l’on cherche un trésor de famille et que l’on étale de belles cartes pour finaliser la découverte d’un bocal de conserve type Le Parfait. La découverte en directe est saisissante, le pot est extrait d’une seule main, remonté à la surface sans résistance et brille comme un pot neuf. Avez-vous déjà essayé de prélever un pot enfoui il y a seulement une dizaine d’années dans le sol ? Impossible de cette façon et il ne serait pas dans cet état-là ! Mais ce qui choque le plus, c’est ce trésor composé de belles monnaies en argent aucunement oxydées qui brillent comme des sous neufs. Mais comment cela est-il possible ? Les journalistes, qui n’ont rien vu venir, me confieront que le pot ne sera pas ouvert devant eux, car l’inventeur voulait avant toute chose étudier les différentes couches stratigraphiques des monnaies pour déterminer la date de l’enfouissement… on croit vraiment rêver !

[Remonter l’histoire et découvrir dans le sol une tirelire en "super plâtre", qui a passé les épreuves du temps, appartenant à un enfant dont les monnaies glissées à l’intérieur ne correspondent à rien… Je trouve cela déplacé, tout comme les nombreux prospecteurs qui m’en ont fait part. Je ne pouvais pas laisser passer cela sous silence car nous n’aimons pas être pris pour des imbéciles. L’expérience du terrain est primordiale et la vie d’un prospecteur doit être vécue et racontée avec passion. Les plus belles histoires ne sont pas toutes synonymes de découvertes incroyables. Cette passion qui nous habite est hors de portée de ceux qui ne pratiquent pas la prospection avec passion, il ne sert à rien de se glorifier et de se faire passer pour ce que l’on n’est pas, la simplicité a de bien meilleures vertus. J’aime me trouver au contact des prospecteurs que je côtoie chaque jour et qui me font partager des histoires que je trouve bien plus palpitantes que certaines de mes propres aventures. Je connais parfaitement leur langage pour être comme eux un véritable prospecteur.]

Si effectivement je suscite des vocations, je souhaite que les prospecteurs vivent ce que j’ai vécu dans le passé, mes meilleurs souvenirs sont mes premiers pas dans la détection. Nous avons tous le potentiel pour trouver un trésor et cela n’arrive pas qu’aux autres. Il faut saisir sa chance car elle ne passe pas toujours deux fois. Si l’argent appelle l’argent, les trésors appellent les trésors. Un ami me disait sans cesse que j’avais de la chance car j’avais trouvé ceci et encore cela et que lui ne trouvait jamais rien, du moins, pas de trésor. Je lui ai dit : "Tu verras que lorsque tu découvriras ton premier trésor, tu en trouveras d’autres par la suite." Chance ou pas chance, il fit trois découvertes dans la même année. Jo Legallic, que de nombreux prospecteurs connaissaient et que je salue du fond du cœur là où il est, a perdu la raison le jour où j’ai découvert mes 70 kilos de pièces en or. Ce jour-là, il devait m’accompagner mais il ne le fit pas. A la lueur des monnaies en or étalées sur le bureau, il prit son détecteur quelques heures plus tard pour prendre l’air et prospecter juste à côté de chez lui, il était 22 h.00. Ce soir-là, il fit la découverte d’un trésor de Louis XVI en or dont lui-même ne revenait pas. Je peux vous affirmer que de sa grise mine de la veille avait totalement disparu le lendemain. Incroyable non ? Les seuls conseils que je puisse donner, c’est d’être attentif et de faire parler de soi. De faire savoir dans votre entourage que vous utilisez un détecteur de métaux et que vous êtes au service des autres. Il n’y a pas qu’au loto qu’il faut avoir un peu de chance, encore faut-il savoir aussi parfois la provoquer. Il faut être motivé et croire à ce que vous faites pour pouvoir découvrir ce que vous recherchez. Je crois un peu beaucoup au sixième sens, Jo, s’il était encore avec nous, vous dirait la même chose. Mais sachez que plus vous multiplierez vos campagnes de recherches et plus vous augmenterez vos chances de découverte, il n’y a rien d’autre à ajouter.

D.P : Comment une personne désireuse d’exercer cette profession peut-elle se former? Combien peut-elle espérer gagner? Vous arrive-t-il Alain Cloarec de conseiller de nouveaux venus dans ce métier? De les former? Voilà peut-être une idée, après tout, si jamais vous souhaitez diversifier votre activité…

Il n’y a pas de formation possible mais vous pouvez sortir avec des prospecteurs expérimentés pour mieux connaître votre détecteur, peut-être aussi vous apprendront-ils quelques secrets pour améliorer vos recherches. Je pense avoir déjà donné quelques bons conseils, mais c’est à chacun de se situer et de connaître la direction à prendre en fonction de ses recherches passées ou en cours. Ce sont vos propres réflexions et interrogations qui vous feront avancer. Mon métier tourne autour de la détection et si nous avons de nombreuses idées pour nous diversifier, il faut pouvoir les mettre en œuvre, ce n’est pas toujours facile.

DP: Où peut-on vous joindre si on a besoin de vos services?

Ecrivez au siège de la société Planète Détection. Si nous ne pouvons pas nous déplacer pour répondre à votre demande, nous ferons suivre les courriers vers des prospecteurs compétents selon la zone géographique, avec l’accord des personnes intéressées bien entendu. Planète Détection 22 rue Charles Baudelaire 75012 Paris. planetedetection@gmail.com & planete-detection.com

Merci Alain Cloarec d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions.

 

A lire: 

Comment ils ont trouvé un trésor, Alain Cloarec, Editions du cherche midi.

Réédité pour la 4e fois. Prix 18 euros.

Envoi simple 22 euros. Envoi suivi 23 euros

Dans le cadre d’une nouvelle édition de ce livre, enrichi et actualisé par de nouvelles aventures, je vous propose de vous rapprocher de nous afin de recueillir vos témoignages pour une possible publication. N’hésitez surtout pas à prendre contact sur notre boîte mail.

http://www.alain-cloarec.com/bio.htm

RETROUVEZ L’INTEGRALITE
DE CETTE INTERVIEW SUR LE SITE
DE DETECTION PASSION :

www.detectionpassion.fr

Chargement en cours

Veuillez patienter svp...

RESPECTONS L'ARTICLE L 542 DU CODE DU PATRIMOINE

Art. L 542 : Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir aupréalable obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur, ainsi que de la nature et des modalités de recherches. Les contrevenants sont passibles d'amendes de la classe 5. Cette réglementation a pour but la protection des sites archéologiques. Les autorisations de recherches archéologiques effectuées à l'aide de détecteurs de métaux sont à demander au préfet de la région concernée

Nouveau numéro

DETECTION PASSION N° 131 Juillet/Août 2017
Couverture
Voir le sommaireAjouter à votre panierVoir toute la collectionAbonnement au magasine

Connectez-vous

Rechercher sur le site