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DETECTION PASSION N° 133 Novembre/Décembre 2017
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LES DODÉCAÈDRES bouletés celto-romains.

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PEU COMMUNS !
imageEn effet, beaucoup de dodécaèdres, ou de fragments (fig. 3), demeurent dans les collections particulières, voire les boîtes à merdouilles, d’où ils ne sortent ou ne sortiront jamais. Preuve en est les deux nouveaux exemplaires qui ont été portés à ma connaissance ces derniers temps (fig. 3 et 4). (Si vous possédez de tels objets, merci de nous les faire connaître).
Ces curieux objets proviennent pour la plupart du nord des Alpes, d’un territoire correspondant grosso modo à l’ancienne civilisation celtique. Sur 75 exemplaires officiellement recensés il y a quelques années (chiffre qu’on trouve sur Internet), 3 provenaient de Belgique, 18 d’Allemagne, 30 de France, 1 de Hongrie, 11 de Grande Bretagne, 1 de Yougoslavie, 3 des Pays-Bas, 1 d’Autriche et 8 de Suisse. Ils ont généralement été retrouvés en contexte romain, dans des camps militaires, des îlots urbains (insulae), des thermes, à proximité d’un théâtre, dans des tombes (tombe de la nécropole de Blossac à Poitiers) et même en accompagnement de monnaies enfouies à la fin du IVe siècle après J.-C.
Cependant, l’un des dodécaèdres d’Augst (Suisse) a pu être daté des années 30 à 110 après J.-C. grâce à la céramique qui l’accompagnait.

DODÊKA = DOUZE.
imageimageDe tous les dodécaèdres connus, aucun ne ressemble à un autre quant à ses dimensions. Leur hauteur varie de 40 à 85 mm.
Ces objets présentent donc douze faces pentagonales ajourées et une boule à chaque angle. Ces boules peuvent être plus ou moins grosses, et plus ou moins bien traitées... Elles sont rarement sphériques, et plus souvent “patatoïdes”. Les dodécaèdres en bronze (il en existerait un en argent à Genève)
auraient été obtenus par coulée à la cire perdue ; il est intéressant de noter que si l’extérieur est assez bien traité, l’intérieur de la plupart des exemplaires est brut de coulée.
Les ouvertures circulaires sont de diamètres différents, et il semble que les deux plus grandes se retrouvent toujours sur deux faces opposées. C’est là la seule constante ayant pu être observée.
A l’instar des boules et de l’intérieur dont la finition laisse à désirer, ces ouvertures n’ont même pas été ébavurées dans bien des cas.
Pour toutes ces raisons, je crois qu’on peut abandonner l’idée du “chef-d’oeuvre de bronzier” avancée par certains chercheurs...
Un chefd’oeuvre aurait été mieux traité, et puis le montage de douze pentagones prédécoupés en cire est à la portée d’un enfant...
Comme les amulettes bouletées (fig. 5 ; cf. DP n° 69 à ce sujet), le plus délicat devait être d’enrober d’argile la fragile structure, à moins que les pentagones aient été directement montés sur un dodécaèdre préformé en argile.

ENIGMATIQUES !
imageDes générations de chercheurs se sont cassé les dents sur les dodécaèdres, tentant, en vain très souvent, de leur trouver une fonction pratique ou symbolique. De nombreuses hypothèses ont été avancées, comme le casse-tête, le pommeau de sceptre, le jouet (bilboquet), le chandelier, le calibreur, l’ouvrage de maîtrise (chefd’oeuvre), l’outil pédagogique, le symbole religieux, l’horoscope, ou encore l’instrument de mesure géodésique.
La thèse de l’instrument de mesure géodésique provient de la comparaison entre les diamètres des ouvertures dans les faces opposées ; en se basant sur la différence de diamètre et sur la distance séparant les deux faces, on disposerait de données permettant de calculer la distance séparant l’observateur d’un objet éloigné. Problème : les dimensions des trous ne sont indiquées sur aucun dodécaèdre, et, de plus, les dimensions sont très variables pour
les exemplaires connus... Et puisque la relation semble aujourd’hui avérée entre les civilisations grecques et celtiques, entre le savoir des druides et celui des mathématiciens grecs comme Pythagore, le dodécaèdre aurait pu être associé aux mathématiques, à l’astronomie, à l’astrologie, et, par extension, à la prédiction de l’avenir et aux pratiques divinatoires.

RÉFLEXIONS.
imageUn aspect des dodécaèdres est troublant : le fait que l’intérieur soit brut de coulée... J’ai du mal à imaginer que les finitions n’aient pas été réalisés si l’intérieur était visible, d’autant plus si ces objets étaient rares et confidentiels.
Alors pourquoi ne pas imaginer que les ouvertures aient été bouchées par une matière périssable, comme du bois par exemple ? Ces opercules auraient pu porter des graduations, des inscriptions, ou autres.
Cela m’évoque le dodécaèdre post-médiéval en pierre du musée de Dijon, lequel porte gravé sur chacune de ses faces un cadran solaire (figure 8) ; le gnomon était amovible et se fichait dans des trous pratiqués dans la pierre. Quand on sait que chez les Romains la durée des heures étaient variables selon les saisons, c’est assez troublant...
Une autre hypothèse, plus simple, voire simpliste peut-être, consisterait à considérer les dodécaèdres comme des supports de statuettes, avec éventuellement un rapport calendaire ou astrologique.
A la fin des années 90, deux objets en bronze furent exhumés fortuitement en sous-bois, à un mètre de distance l’un de l’autre, sur les vestiges d’un modeste habitat galloromain au nord de Paris : un dodécaèdre imagebouleté et une statuette représentant une déesse (fig. 9). Les images, extraites de la vidéo amateur fournie, ne sont hélas pas très claires.
Le bras droit de la déesse est légèrement tendu et elle offre une patère. Sa main gauche pouvait tenir un objet disparu à définir.
La patère, la coiffure et la tunique évoquent la déesse Junon, l’épouse de Jupiter, protectrice des femmes mariées.
La statuette, d’une hauteur comprise entre 10 et 15 cm, semble tout à fait à sa place lorsqu’elle est posée sur le dodécaèdre (fig. 7). Alors pourquoi ne pas imaginer le dodécaèdre comme un socle-calendrier, sur lequel on aurait disposé la divinité correspondant au mois de l’année (Junon, pour juin, Mars pour
mars, Aphrodite, Vénus, pour avril, etc.) ou à la maison. Le diamètre de l’ouverture circulaire aurait pu correspondre par exemple à la durée de l’ensoleillement pour chaque mois, et d’ailleurs, si cette ouverture était operculée, une inscription pouvait rappeler laquelle des divinités était à l’honneur et devait y être posée. On peut aussi penser à un soclehoroscope avec les douze maisons du ciel, et des divinités associées.
Ce ne sont bien sûr que de simples suppositions ; espérons que des découvertes futures puissent nous apporter un jour la clef du mystère de ces dodécaèdres bouletés.

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Art. L 542 : Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir aupréalable obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur, ainsi que de la nature et des modalités de recherches. Les contrevenants sont passibles d'amendes de la classe 5. Cette réglementation a pour but la protection des sites archéologiques. Les autorisations de recherches archéologiques effectuées à l'aide de détecteurs de métaux sont à demander au préfet de la région concernée

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