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DETECTION PASSION N° 133 Novembre/Décembre 2017
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La boucle de chaussure du XVIIe au début du XIXe

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Voici un sujet très vaste qui intéressera les prospecteurs puisque la boucle, des XVIIe et XVIIIe s. en particulier, est l'un des objet les plus courants en prospection, et qu'il est bien difficile de dater, classifier et surtout trouver l'usage de chaque exemplaire, civil ou militaire. Cependant, nous allons essayer de débroussailler ce vaste sujet, mais en nous arrêtant pour le moment aux boucles militaires (1)...

imageL'infanterie, jusqu'à une époque récente, devait se déplacer à pied, parfois rapidement, et il est bien évident, que pour effectuer une longue distance, les soldats devaient être chaussés correctement. Il est d'ailleurs étonnant que les légions romaines aient pu parcourir le monde antique uniquement chaussées de sandales.
Le brodequin dans l'armée française fait son apparition de façon réglementaire au milieu du XVIIe siècle. C'est une chaussure de cuir à talon haut, qui comprend de chaque coté une "oreille". Ces deux oreilles se croisent sur le cou de pied (le dessus du pied), et sont maintenues par un ruban noué. Ce ruban n'est autre que l'ancêtre du lacet. La pièce de cuir partant des orteils et se terminant par la languette, passe sous les oreilles et peut se rabattre sur le ruban : cette pièce s'appelle "l'empeigne"

imageLa semelle est constituée de plusieurs épaisseurs de cuir, tout comme le talon dont la hauteur évoluera en fonction de la mode civile de l'époque. Il n'y a pas de pied droit, ni de gauche, les deux sont identiques, ce qui évite un renouvellement de deux chaussures lorsqu'une seule est perdue !

imageLa boucle fait son apparition au début du XVIIIe siècle, et les rubans disparaissent purement et simplement.
Les oreilles sont percées de trous et une boucle de métal à double griffe vient y prendre place.
Une des griffes se fixe sur une oreille repliée sur elle-même et l'autre se boucle par son ardillon sur l'autre oreille.

imageLa fabrication de ce type de chaussure était confiée à un cordonnier civil et elle évoluera petit à petit, comme le talon de cuir qui sera de bois vers 1690, puis la forme du bout qui s'arrondira après 1730. Peu d'exemplaires authentiques subsistent de nos jours, cependant un modèle peut-être observé au Musée de l'Armée.
La boucle carrée changera aussi de forme avec la mode : elle deviendra plus large tout d'abord, puis le modèle deviendra réglementaire vers 1764 (forme ovale) et sera obligatoirement de cuivre. A partir de 1788, dans chaque régiment d'infanterie, sert un maître cordonnier qui a rang de caporal. La chaussure comporte désormais un pied gauche et un pied droit.

imageLe soulier à boucle est désormais la chaussure réglementaire de l'infanterie française à la veille de la Révolution. Il est confectionné dans chaque corps sous la direction de ce maître cordonnier, la matière première étant achetée par le régiment. Malgré une fabrication soignée, l'usure en campagne de la chaussure est flagrante, et il n'est pas rare de lire dans les témoignages d'époque que bon nombre d'hommes effectuent les marches en sabots, voire pieds nus !

imageConcernant la boucle, il est intéressant de voir et comparer quelques modèles trouvés par des prospecteurs sur différents champs de batailles de la Révolution et de l'Empire, mais également de voir les modèles de boucles utilisés par les groupes de reconstitutions de nos jours.
Pendant le période impériale, les chaussures ne comportent plus de pieds droit ou gauche. En effet, pour éviter une utilisation civile d'effets réservés aux armées, on revient à une fabrication simplifiée, de coupe identique pour les deux pieds. Plusieurs raisons à cela : éviter le détournement mais surtout faciliter le complément de souliersusés ou perdus.
Ainsi, chaque hommeemporte en campagneun soulier de rechange,un marteau et des clous.

imageIl ne faut pas oublier non plus que beaucoup de soldats de l'infanterie de l'Empire, des paysans avant tout, ne connaissent
pas leur droite de leur gauche. Pour reconnaître la gauche de la droite lors de la marche, une seule technique : la paille et le foin. Dans un pied, l'on met du foin, et dans l'autre, de la paille. Reste à remplacer le commandement "un, deux" par "paille, foin, paille, foin", et la troupe marche au pas.

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La boucle disparaîtra progressivement pendant l'Empire et sera remplacée par le lacet, même si les vieux soldats et les sous-officiers la conserveront en tenue de sortie. De plus, le lacet de cuir coûtait moins cher qu'une boucle de cuivre. La chaussure à lacets se généralisera donc vers 1812, et sera réglementée dès 1817.

 

 

Plusieurs volets de l'histoire des boucles ont déjà été publiés dans Détection Passion, à savoir :
• DP n° 26 : Age du Bronze, Age du Fer. Acheter ce numéro
• DP n° 27 : L'époque romaine. Acheter ce numéro
• DP n° 39 : Les boucles mérovingiennes. Acheter ce numéro
• DP n° 49 : Les boucles médiévales émaillées. Acheter ce numéro

Légendes des images par ordre d'apparition:
Image 1 : Chaussures à lacets. détail d’une peinture du début du XVIIe s.
Image 2 : Détail de la boucle et de la chaussure militaire typique à bout carré. Le costume par J. Ruppert, 1942. Coll. Romary).
Image 3 : Détail de la boucle et de sa fixation sur les oreilles de la chaussure. Dessin revue du Musée de l'Infanterie
Image 4 : Brodequins des gendarmes parisiens au XVIIe s
Image 5 : Paire de chaussures à boucles de la période révolutionnaire et du début de l'Empire.
Image 6 : Artillerie de marine britannique, vers 1803 : à cette époque, toutes les armées d'Europe utilisent la boucle à chaussure.
Image 7 : Série de reproduction de boucles de chaussures de type Consulat et Empire, proposé aux “reconstitueurs”.
Image 8 : A droite, photographie d'un fantassin du 14e de ligne et d'un officier du 3e de ligne en tenue de campagne. L'officier ne porte pas de guêtres, comme souvent beaucoup de fantassins au début de l'Empire. On voit ici parfaitement l'intérêt de la reconstitution, pour nous aujourd'hui concernant la boucle 
Image 9 : Officier des compagnies franches de la Marine, 1697-1703. Dessin de Lucien Rousselot (Uniformes des troupes coloniales par A. Depréaux, 1931. Coll.Romary).

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Art. L 542 : Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir aupréalable obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur, ainsi que de la nature et des modalités de recherches. Les contrevenants sont passibles d'amendes de la classe 5. Cette réglementation a pour but la protection des sites archéologiques. Les autorisations de recherches archéologiques effectuées à l'aide de détecteurs de métaux sont à demander au préfet de la région concernée

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