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DETECTION PASSION N° 133 Novembre/Décembre 2017
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Les trésors cachés du jura

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Partons une nouvelle fois à la découverte des trésors cachés de nos régions avec, ce mois-ci, un zoom sur l’Histoire et les trésors cachés d’un superbe département du centre-est de la France : le Jura.

Avec ses magnifiques vallées, ses sombres forêts de sapins, ses hautes et vivifiantes cascades, ses lacs profonds et ses paysages mystérieux, le Jura est sans aucun doute un département des plus intéressants pour le chasseur d’Histoire, comme pour le chercheur de trésors.
Pour un peu, on se croirait en Suisse, mais il est vrai que le pays des Helvètes ne se trouve qu’à un (long) jet de pierre de là, par-dessus le massif du Jura, qui a justement donné son nom au département.
Bordé par le canton de Vaud (Suisse), par les départements du Doubs, de la Haute-Saône, de la Côte-d’Or, de la Saône-et-Loire et de l’Ain, le Jura fait partie de la région Franche-Comté. C’est un pays où la rusticité des paysages et la dureté de la nature contrastent avec la chaleur de l’accueil réservé aux visiteurs par les Jurassiens. Le tourisme vert y est particulièrement développé et permettra aux randonneurs de se lancer à l’assaut des beautés cachées et des mystères de ce terroir envoûtant.
Précisons encore, pour les amateurs d’instruction civique et de géographie, que le département (39) couvre une superficie de 499 401 hectares et possède une population d’environ 251 000 habitants. Son chef-lieu est Lons-le-Saunier.
Comme on peut s’y attendre (mais comment pourrait-il en être autrement dans notre vieux pays),
l’Histoire de ce département enchaîne les épisodes tumultueux d’un passé fait de guerres et de paix, de hauts faits d’armes, de victoires et de défaites… Autant d'événements qui vont nous lancer sur la piste des anciens trésors qui dorment toujours sous les roches coupantes et les ombres touffues des résineux du pays.
Le Jura obtint le statut de département le 4 mars 1790.

La conquête romaine

imageimageOn pourrait, bien sûr, remonter très loin dans notre voyage dans le temps, pour parler des tout premiers habitants, mais la place n’étant pas extensible dans votre magazine, il faut bien se résoudre à commencer par l’une des périodes riches en enfouissements de trésors : la conquête romaine. Car n’oublions pas que c’est là notre propos. Dans l’Antiquité, donc, le futur département du Jura était occupé par un peuple nommé Séquanes. Bien sûr, leur territoire ne couvrait pas l’exacte limite administrative actuelle, et s’étendait du Rhin au Rhône. Sa capitale était l’actuelle ville de Besançon, aujourd’hui cheflieu de département du Doubs.
En ce temps là, les guerres, et tout particulièrement les conflits avec une tribu voisine, celle des Eduens qui vivait sur l’autre rive de la Saône, étaient monnaie courante. C’est alors que les Séquanes eurent la mauvaise idée, pour prendre le dessus sur leurs ennemis, de chercher des alliés par delà le Rhin.
C’était introduire le loup dans la bergerie. Car trouvant la Gaule à leur goût, les alliés d’hier devinrent les occupants des Séquanes et des Eduens tout à la fois. Et le fait que les deux tribus firent enfin la paix pour bouter hors de leurs frontières le nouvel ennemi commun n’y fit rien. Les Germains restèrent maîtres du pays.
Une terrible bataille eu lieu à Amagetobria, en 68 av J.-C qui les conforta sur ce territoire. Les deux seules issues restaient la servitude ou l’exil. C’est cette seconde option que choisirent les Séquanes, tournant leurs regards vers la Provincia. Mais Rome, qui occupait déjà ce qui allait devenir la Provence, ne l’entendait pas de cette oreille. Les envahisseurs durent faire face au proconsul de Gaule, un certain Jules César.
Le futur maître de Rome fit subir une cuisante défaite aux Séquanes lorsqu’ils tentèrent de traverser la Saône, les obligeant à rebrousser chemin vers leurs montagnes natales.
Dans la foulée, César poussa jusqu’à Epomanduodurum (aujourd’hui Mandeure) où il réussit ce que Eduens et Séquanes avaient tenté en vain : repousser les Germains pardelà le Rhin. Ce n’était bien sûr que le début de l’ascension de César, puisque nous connaissons tous la suite de l’histoire qui se poursuit en 52 av. J.-C. avec le retour en Gaule de l’ambitieux proconsul, vainqueur de Vercingétorix.
C’est d’ailleurs ici, pour de nombreux auteurs, que se serait déroulée la véritable bataille d’Alésia, dont la localisation reste, à ce jour, très aléatoire.
Plusieurs sites jurassiens collent parfaitement avec les écrits de César, ce qui pousse certains chercheurs à considérer avec sérieux cette hypothèse.
Des repérages de surface puis des fouilles seraient nécessaires pour confirmer ou infirmer cette théorie, mais là, nous entrons de plein pied dans le
domaine de l’archéologie.
Mais revenons à notre Séquanie, quelques siècles plus tard, toujours sous la domination romaine, au IIe siècle après J.-C. cette fois. C’est à cette époque que le christianisme arrive en force dans notre futur Jura qui se nomme alors la “Grande Séquanaise”. Il est apporté par des disciples de saint Irénée et va prendre une importance toute particulière pour les Jurassiens, mais aussi, indirectement pour nous. En effet, les disciples de saint Irénée furent suivis par de nombreux autres ascètes, venus se retirer dans la vallée de la Bienne, pour se rapprocher de l’Esprit divin. Ce sont eux, au fil des siècles, qui édifièrent les innombrables monastères dont on a conservé la mémoire, mais aussi de nombreux monuments aujourd’hui totalement disparus sous la végétation et les tourbillons de l’Histoire. Bien des recherches passionnantes en perspective, en se rappelant bien qu’il s’agit là de sites
archéologiques !
Parmi les vestiges qui sont parvenus jusqu’à nous, on peut citer l’abbaye de Saint-Claude, fondée au VIe siècle, ou encore celle de Gouailles, près de Salins, qui date du XIIIe siècle, et bien d’autres encore que vous retrouverez facilement sur Internet ou dans les offices de tourisme du département.
Mais il n’y a pas que des vestiges plus ou moins bien conservés qui ont traversé les siècles. Les légendes sont aussi là pour nous remémorer, de façon subtile et souvent hermétique, des faits qui se sont peut-être déroulés dans des temps incertains. Par exemple, il y aurait dans les flancs de la montagne dominant Saint-Claude, une grotte renfermant peut-être encore un fabuleux trésor. C’est Grégoire de Tours qui nous raconte ainsi l’histoire de
Lupicin qui avait découvert cette manne dans laquelle il puisait régulièrement et abondamment pour subvenir aux besoins de sa communauté
monastique.
Puis, vinrent les temps troublés des grandes invasions barbares !

Les grandes invasions

Voici une période toujours extrêmement intéressante en matière d’enfouissement de trésors et de dépôts monétaires de toutes valeurs.
En effet, les temps troublés et incertains, la peur (justifiée) de l’envahisseur, l’espoir de survivre au danger et par conséquent de pouvoir récupérer plus tard son bien pour redémarrer une nouvelle existence de la façon la moins inconfortable possible, ont toujours poussé les hommes à enterrer leur butin, dans l’attente de jours meilleurs.
Les Jurassiens n’ont certainement pas fait exception à la règle. Lorsque les Barbares réussirent à briser les frontières d’un Empire romain déjà bien affaibli, une par voie romaine à ornières dans le Jura. Cliché L&S. Cascade du Hérisson.
Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d’objets métalliques, à l’effet de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans avoir au préalable obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur, ainsi que de la nature et des modalités de recherches. Les contrevenants sont passibles d’amendes de la classe 5.
Cette réglementation a pour but la protection des sites archéologiques. Les autorisations de recherches archéologiques effectuées à l’aide de détecteurs de métaux sont à demander au préfet de la région concernée. tie d’entre eux s’installa dans la province de la Grande Séquanaise. Ce nouveau peuple d’envahisseurs se nommait les Burgondes, ou Bourguignons. Ils y fondèrent le premier royaume de Bourgogne. Le souverain de ce nouveau royaume, Gondebaud, était l’oncle de Clotilde, qu’il donna comme femme à Clovis, roi des Francs, ce dernier ayant déjà conquis une bonne partie de la Gaule. De cette période, de nombreux dépôts monétaires restent certainement à découvrir, car le premier royaume de Bourgogne, qui dura un peu plus de 120 ans, connu huit rois différents, et donc de nombreuses péripéties, avant de tomber dans l’escarcelle des Francs en 534.
On imagine bien que toutes les précautions étaient de mise à cette époque.
Durant les siècles suivant, le royaume passa sous différentes juridictions et fut même, durant un temps, quasi indépendant.
C’est au début du VIIIe siècle qu’une nouvelle menace se profila : les Sarrasins. D’ailleurs, le pays a conservé la mémoire de ces événements. De nombreux toponymes rappellent le passage, réel ou allégorique, de ces féroces guerriers, comme la Grotte des Sarrasins, qui s’ouvre au-dessus des gorges du Flumen ; les Rochers des Sarrasins, près de Syam ou encore le Pont
Sarrasin, près de Vandoncourt. Ce dernier est une arche naturelle, façonnée au fil des millénaires par une rivière souterraine. Il s’y attache, comme dans beaucoup de lieux de ce type, une légende : Allima, une jeune Jurassienne, fut capturée au VIIIe siècle par un cavalier arabe, lors de la débâcle. Elle préféra se jeter dans le vide plutôt que de rester prisonnière.
C’est en fait le cavalier qui perdit la vie et la belle Allima qui fut sauvée par une sorte de miracle.
Toutes ces légendes démontrent que l’imaginaire collectif est resté imprégné des événements souvent violents qui se déroulèrent durant cette période. Je ne vous recommanderai jamais assez de vous intéresser aux légendes et au folklore local, particulièrement riche en pistes de recherches.

Le Moyen Age

Au Moyen Age, le Jura acquiert une importance toute particulière grâce aux cols qui le traversent. En effet, la région devient un lieu de passage obligé pour le commerce, en pleine expansion, entre le Nord et le Sud. Le futur département bénéficie évidement de cette manne.
Mais bien sûr, ces cols étaient pour la plupart déjà des voies de circulation utilisées de temps immémoriaux, comme le col de Pierre-
Pertuis. Pour preuve les inscriptions romaines que l’on peut encore observer en certains points.
Les rois de Germanie et les empereurs du Saint-Empire tentèrent tous d’étendre leur influence sur ces nouvelles routes, afin de maîtriser,
bien sûr, les flux commerciaux générateurs de gros profits.
Au XIe siècle, le Jura se retrouve au centre des intérêts de plusieurs familles féodales qui accaparent le pouvoir. Une situation qui perdurera jusqu’au XIIe siècle et qui verra l’arrivée de nouvelles puissances extérieures, comme la Maison de Savoie, bien décidées à s’imposer et à contrôler les accès aux cols, artères vitales pour le commerce entre l’Italie et la Champagne. A partir du milieu du XIVe siècle, ces cols vont perdre de leur importance en raison du déplacement des routes commerciales. De nombreux vestiges de cette période se sont donc fondus dans la nature et restent à
retrouver.
A noter pour ceux qui s’intéressent aux trésors templiers, que c’est dans le département du Jura que vit le jour Jacques de Molay, dernier grand maître de l’ordre. Ce dernier fut brûlé vif, à Paris en 1314. Le département fut aussi le berceau de Pasteur de Rouget de l’Isle, le créateur de notre hymne national, ou encore de Lecourbe, l’un des plus fameux généraux de la Révolution.

La Révolution

imageC'est bien sûr la Révolution qui créera le département du Jura, le 4 mars 1790. Comme partout en France, cette période fut agitée et une nouvelle fois propice à l'enfouissement de richesses. Dans les premiers mois, la grande peur entraîna la remise en cause des pouvoirs locaux. Dans cette situation incertaine, chacun mit à l'abri ses biens, du mieux qu'il le put.
Pourtant, la suite des événements montre que la population était plutôt favorable à la réforme. La situation héritée de l'Ancien Régime était loin d'être satisfaisante : les impôts n'avaient pas été prélevés, les travaux publics avaient pris du retard ou avaient purement et simplement été laissés en l'état... Le nouveau département du Jura dut faire face à une situation assez complexe, comme d'ailleurs un peu partout en France.

Histoires et légendes

Les histoires et légendes de trésors à découvrir dans le Jura ne manquent pas. Le département est en effet particulièrement riche en chroniques trésoraires. Très souvent à la limite du fantastique, ces fables demandent pourtant, comme toujours, que l'on y prête quelque attention, ne serait-ce que pour mieux saisir l'âme du pays, mieux comprendre les inquiétudes et les croyances de ses habitants, et surtout ne pas passer à côté d'une piste intéressante.Car, ne l'oublions pas, chaque légende prend racine dans un passé souvent lointain, mais presque toujours authentique : des pistes qui peuvent être utiles aux chasseurs de trésors, mais aussi aux prospecteurs en fournissant des informations sur l'Histoire locale. Parmi toutes les légendes jurassiennes, un grand nombre se rapportent aux "pierres qui virent", c'est à dire des rochers tournant sur euxmêmes.J'en ai dénombré vraiment un grand nombre. Il doit y avoir une explication que je n'ai pas trouvée, mais je suis certain que les villes et les villages du Jura comptent des historiens et des passionnés qui ont certainement leur opinion là-dessus.Parmi ces histoires, on peut par exemple citer celle de la mise au jour d'une très vieille sépulture, près de Choisey, dans les années 60. Il se trouve que près de là existe une roche ornée d'une croix, à laquelle est attachée une légende de "pierre qui vire". Un trésor y serait enterré.Y a-t-il un rapport avec la découverte de la sépulture, la mémoire collective a-t-elle assimilé la présence d'un ancien site funéraire à celle d'un trésor ?La ville de Dôle, chef lieu d'arrondissement du Jura, recense à elle seule plusieurs histoires de trésors, basées sur des faits historiques. En effet, Dôle, outre le privilège d'être la ville de naissance de Pasteur, eut également celui d'accueillir l'empereur Frédéric Barberousse, qui y possédait un château. C'est dans ce château que plusieurs auteurs situent un fabuleux trésor, pas encore retrouvé à ce jour.
A une trentaine de kilomètres de là, à Pagney, un autre trésor resterait à mettre au jour. Au XIXe siècle, un habitant du village l'aurait même aperçu, lors d'une descente dans un gouffre. Hélas, le magot serait gardé par un être fantastique et maléfique, la Vouivre. Comme souvent en ces temps-là, la peur de l'inconnu et la croyance en un monde infernal sous-jacent ont tenu les curieux à distance, jusqu'à ce que le souvenir de cette aventure s'efface peu à peu, pour se fondre dans l'imaginaire collectif. La Vouivre, toujours elle, grâce à un don d'ubiquité très développé, garderait également un trésor dans la localité de Valempourière, et un autre encore dans les ruines du château de Vaugrenans. Nous aurons d'ailleurs l'occasion dans un prochain article de revenir sur la symbolique des êtres fantastiques gardiens de trésors, et surtout sur les origines réelles qui leur ont donné naissance.Bien sûr, cette liste de trésors n'est pas du tout exhaustive et, comme partout ailleurs, vous trouverez, au gré de vos recherches, au moins une histoire par village. Elle n'est pas non plus à prendre au pied de la lettre, car comme je vous l'expliquais, il ne s'agit que de légendes, certes toujours bâties à l'origine sur des faits réels, mais qui restent quand même de belles histoires.
Elles n'en témoignent pas moins du passé d'un département particulièrement riche en événements historiques, toujours très intéressants à étudier pour le prospecteur qui souhaite partir à l'aventure, muni bien sûr des autorisations nécessaires et légales, ou tout simplement de celui qui souhaite rêver et mieux connaître l'extraordinaire trésor que constituent nos belles régions. Une pensée pour notre ami Georges Nicot, jeune retraité de La Maison de laDétection à Paris, parti rejoindre ses montagnes du Jura ;o)

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Art. L 542 : Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir aupréalable obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur, ainsi que de la nature et des modalités de recherches. Les contrevenants sont passibles d'amendes de la classe 5. Cette réglementation a pour but la protection des sites archéologiques. Les autorisations de recherches archéologiques effectuées à l'aide de détecteurs de métaux sont à demander au préfet de la région concernée

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