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DETECTION PASSION N° 130 MAI/JUIN 2017
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Le Teston Une monnaie royale particulière

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imageLe teston a ceci de particulier qu’il est la première monnaie royale française à représenter le portrait du roi de façon “réaliste”.
Le célèbre Jean Babelon, entre autre conservateur en chef honoraire du Cabinet des Médailles, estime que cette monnaie représente une révolution dans l’art monétaire, c’est dire !

imageLe teston nous vient d’Italie (testone = tête) à partir du milieu du XVe siècle.
C’est en effet à cause (ou grâce) aux guerres d’Italie, que Charles VIII rapporte en France des trésors d’art qui vont modifier les idées et les goûts dans notre pays. A la mort de celui-ci, le 8 avril 1498, c’est son cousin, le futur Louis XII, membre de la maison d’Orléans, qui hérite de la couronne.
Par ordonnance du 6 avril 1514 est donc créée la première monnaie lourde d’argent française : le teston, d’un poids de 9,54 g, et sa divisionnaire, le demi-teston d’un poids de 4,79 g.

imageCes monnaies seront frappées jusqu’en 1576 sous Henri III, où elles seront remplacées par d’autres monnaies d’argent, les quart et huitième d’écu, le franc et ses divisions…Chronologiquement, les premiers testons, ceux de Louis XII donc, sont excessivement rares, car le roi meurt en décembre 1614. Inutile de dire que lorsqu’un exemplaire passe en vente il attire les collectionneurs ! C’est aussi sous son règne que l’on retrouve pour la première fois le “numéro d’ordre” du roi sur les monnaies (dizain ludovicus : X et II de part et d’autre d’un grand L couronné).
Puis vint François Ier. Sous son règne les types de testons sont extrêmement nombreux (26 types selon Lafaurie-Prieur ou Duplessy, si l’on additionne les types royaux et ceux du Dauphiné et de Bretagne ; 19 types selon Sombart).

imageIl est quasiment impossible d’en dresser un catalogue exhaustif, tant les portraits et variantes sont nombreux, entre autres à cause de la maladresse des graveurs (beaucoup de portraits sont carrément fantaisistes).
Pour éviter trop de “caricature”, il fut envoyé à plusieurs reprises, et dans différents ateliers du royaume (Limoges, Poitiers, Tours, etc.) des coins fabriqués par les graveurs de Paris. Il existe des testons représentant le roi imberbe, puis barbu (un accident subi en 1520 l’ayant décidé à porter la barbe).A partir de 1540, chaque atelier se voit attribué, en plus du point secret, une lettre distinctive : A pour Paris, B pour Rouen, etc. Elle sera placée au bas du champ, sous l’écu, afin d’identifier plus facilement la ville d’origine, et par conséquent d’en contrôler la fabrication (et de déceler des fraudes éventuelles).

imageSous le règne suivant, celui d’Henri II, apparaît le millésime sur les monnaies (à partir de 1548) . Il devient donc très facile d’identifier une monnaie, entre la date et la lettre d’atelier, même si l’on observe toujours une grande diversité de portraits. Il existe cependant des exemples de teston non datés, dits “au croissant” et “au moulin” ; en fait, dans les deux cas, il s’agit de frappes réalisées au moulin, et non plus au marteau, en 1552.

 

 

 

1 : Demi-teston du duc de Milan, Galéas Marie Sforza (1466-1476). Les testons milanais furent les premiers à circuler en France, en entrant par la Provence et le Dauphiné. (Provenance région lyonnaise. Janus).
2 : Teston de Louis XII (1498-1515) frappé à Lyon (point 12e) en 1514. Médaillier du Musée des Beaux Arts à Lyon.
3 : Teston de François Ier (1515-1547) frappé à Saint- Pourçain (point sous la 11e lettre des légendes).
4 : Teston de François Ier (1515-1547) frappé à Saint- Pourçain (point 11e), avec S rétrogrades. Type 1.
5 : Teston de François Ier frappé à Paris (lettre A). Type 1.

imageHenri II meurt en 1559 ; pourtant c’est toujours à son nom que sont frappées les monnaies sous le règne de son fils, François II (juillet 1559 - 5 décembre 1560).

Les testons au millésime 1560 sont donc attribués à François II. Là où cela se complique, c’est que l’on connaît aussi des testons de 1561 et 1562 au nom d’Henri II, alors que règne Charles IX depuis le 5 décembre 1560 ! A contrario, l’on connaît deux exemplaires de 1559 frappés à La Rochelle (erreur de millésime).

Charles IX va donc faire frapper ces monnaies jusqu’à sa mort en 1574, mais là encore, on trouve des monnaies à la date 1575 ! La titulature du roi peut s’écrire CAROLVS, KAROLVS, le rang VIIII ou 9, le millésime en chiffres arabes ou en chiffres romains ; dans le champ, de part et d’autre de l’écu, on peut trouver deux C, deux K, voire rien du tout !

Enfin, les derniers testons et demi-testons seront frappés en 1577 sous Henri III.
En conclusion, ce monnayage peut largement justifier à lui seul un thème de collection, tant les variantes sont nombreuses.

imageimagePour ce qui est de la détection, vous êtes nombreux à avoir trouvé des poids monétaires pour le teston ou demi-teston, mais quant aux monnaies proprement dites, apparues sur le forum, en remontant jusqu’à 2006 inclus, seuls 15 testons (dont 2 de François Ier du Dauphiné, et 4 illisibles), et 2 demi-testons (Charles IX 1562 (?) D et Henri III 1575 B) ont été recensés ! Cela prouve la rareté des trouvailles isolées.

imageDP : En effet, les testons se retrouvent plus souvent dans la composition des trésors et des boursées qu’en isolé, et ils sont particulièrement nombreux pour la période, puisque éclatent les guerres de
Religion peu après le milieu du XVIe siècle, avec les troubles que l’on connaît. Mais étant donné la situation délétère en France, très peu de trésors sont déclarés.

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